Sur ce blog, vous trouverez essentiellement les récits avec les photos de mes sorties, mais aussi des vidéos, des hommages, des news sur moi... Merci à tout ceux qui visite ce blog, j'espère qu'il vous plaira.
Un nouveau petit récit pour la route. Désolé d'avance pour les fautes ...
C’est l’histoire d’un but …
Le but, buter … Pour les novices, l’explications ne saute pas aux yeux. Pourtant, il s’agit d’une partie intégrante de la pratique des sports de montagne.
Dans ce contexte, nous sommes évidemment bien loin du sport qui consiste à courir derrière un projectile pour le glisser dans un filet (un but) et marquer un point.
La définition la plus complète que j’ai trouvé provient du site du nimp’crew :
En montagne :
1) Le but d'une rando est souvent un sommet. C'est l'objectif que l'on se fixe avant le départ et dont toute la suite consistera a atteindre, par divers artifices.
Le but peut aussi être d'aller trouver de la bonne neige, ou de simplement perdre un peu de temps, dans un cadre agréable.
2) Prendre un but : Lorsque le but précédent n'est pas atteint, on dit alors qu'on a pris un but, par analogie avec un jeu de ballon populaire, ou le but est d'en marquer le plus possible, et
d'en prendre le moins possible.
Le but peut être plus ou moins douloureux, selon le contexte.
ex: - le but initial n'est pas accessible avec les artifices dont on dispose. Il faut se resigner, on a pris un but !
- le couloir n'est pas en neige (glace, rochers), on rentre a la maison en ayant pris un but.
Il va sans dire que c'est la deuxième acception du terme que nous retenons comme ayant quelque valeur à nos yeux, la première étant par trop consensuelle. Nous entendons le verbe dérivé, "buter", de la même,façon. C'est à dire, s'il fallait l'exprimer dans la langue de shakespeare, comme "to bump" et non "to goal".
Bref, Pol et moi étions particulièrement motivés pour tenter la pente des Enfetchores en se dimanche matin. Cette pente se rejoint en partant en ski de randonnée depuis 3200m atteint avec le téléphérique de la Grave.
Nous nous retrouvons sur le parking du téléphérique. Il n’ya pas grand monde… C’est la fin de saison et les conditions sont printanières : neige dur le matin, ramolli vers midi, liquide après 14h30.
Il est 9h00 et il fait déjà chaud. Après avoir guenillé pour prendre le forfait, nous montons dans la benne et discutons de la température.
Les pentes qui nous allons remonter à ski sont toutes exposées Est, Sud-Est, Sud et prennent le soleil très tôt dans la matinée. En cette journée caniculaire, il s’agit de condition propice pour rencontrer des déclenchements d’avalanches de fonte d’ampleur et de purges de pentes situées au dessus de nos têtes.
Bref, la discussion se conclu par un « faudra pas trainer pour monter ! ».
L'objectif, la brêche de la Meije et en diagonale, de la droite vers la gauche, les Enfetchores :
Arrivée à 3200m, nous chaussons les skis équipés des peaux puis entamons la montée vers la brêche de la Girose. Le petit manque d’oxygène, mêlé avec une envie d’aller vite, pique un peu les poumons. La neige est dure, je mets les couteaux sur mes fixations. Pol n’en a pas, il est obligé de mettre ses crampons pour un passage de 3m où les carres ne mordent pas la neige.
J’arrive rapidement au niveau de la brêche. J’attends Pol en prenant des photos.
La base spatiale :
Pol tartine pour me rejoindre :
Le Goléon, une des aiguille d'Arves qui dépasse, les 3 petites aiguilles de la Sauza ... et une petite montagne qui dépasse, à droite, loin au troisième plan ... Ch'ai pas, difficile à identifer... ;-) :
Pol arrivera finalement très rapidement ! Il a le feu le Pol !!
Nous enlevons les peaux pour descendre un couloir raide à 45°. Bien que le soleil commence à l’éclairer, la neige est encore béton. Je descends en dérapage pour assurer … Je n’ai pas spécialement envie de chuter à cet endroit. Arrivé vers le milieu, la pente forcie, je ne suis pas spécialement rassuré, je m’arrête quelques secondes. Pol me booste un peu et ça repart. Quelques virages et nous arrivons en haut du vallon de la Selle. Par une traversée, nous rejoignons la base de la brêche du Râteau. Nous chaussons les crampons et attaquons les 50 petits mètres pour rejoindre la brêche. Vers la moitié se trouve un petit passage mixte qui nécessite un léger pas d’escalade => ambiance avec les crampons aux pieds et les skis sur le dos !!
Le vallon de la Selle, l'aiguille du plat de la selle se dresse fièrement à gauche :
L'arrivée à la brêche du Râteau, ça biche ?? :
Pol me rejoins encore et nous re-chaussons les skis pour descendre un nouveau petit couloir, pas très raide, et aller chercher la « shunt » sous le râteau qui nous permettra de gagner beaucoup de temps plutôt que de descendre au fond du vallon des étançons.
Nous trouvons le cheminement assez rapidement. C’est reparti, nous remettons les peaux sous les skis pour rejoindre les pentes à proximité du refuge du promontoire.
Au moment de partir, j’entends un bruit, une coulée de neige, provenant des pentes qui nous dominent, vient s’écraser à 50m de nous. Surpris, nous cherchons à fuir. Heureusement, sa faible taille l’a rendu complètement inoffensive.
Nous nous regardons, échangeons quelques mots, « on est dedans, on ne peut pas se barrer, on fonce, on n’a pas le choix !». C’est parti !! Nous mettons toute notre énergie pour fuir ces pentes suspendues !! Nous tartinons jusqu’à ce que les poumons brûlent.
La zone est passée, nous choisissons de nous éloigner de ces pentes menaçantes dès que possible.
Nous arrivons à proximité du refuge du promontoire. Il règne une chaleur impressionante et nous sommes à plus de 3000m !!
Je suis devant à faire la trace dans une neige très humidifiée sur plus de 30cm. Pol commence à accuser le coup avec son équipement « un peu » lourd. Je regarde la troisième et dernière brêche à passer, la brêche de la Meije.
Depuis 20mn, les coulées de neige se succèdent dans le vallon des étançons. Une avalanche de grande ampleur part soudain juste à coté de la brêche du râteau où nous étions il y’a 1h30…
Je regarde encore et encore les pentes qui dominent la brêche de la Meije. Nous serons forcément exposés pendant plusieurs dizaines de minutes si nous nous engageons.
La brêche de la Meije, toute proche ... Le passage est à gauche. On distingue les pentes suspendues craignos au dessus :
Une petite coulée part de ces pentes que je scrute depuis un bon moment. Elle est une nouvelle fois complètement inoffensive, mais moralement s’en est trop pour moi !
Le risque vient de franchir un nouveau palier, je ne le sens plus du tout. Je m’arrête et parle à Pol. Je sens de la déception, mais nous ne somme pas là pour foncer tête baissé dans la gueule du loup. Savoir renoncer fait aussi parti de la pratique de la montagne.
Nous enlevons les peaux une dernière fois :
Des sommets que je n'arrive pas à identifier au premier coup d'oeil ... Le refuge du promontoire en bas à gauche, juste en dessous de l'impressionante muraille de la Meije :
La descente dans le vallon des Etançons :
Le but est proclamés, B2A, nous descendons le vallon des étançons et arrivons à la Bérarde pour boire une bonne bière…
Sur le chemin, en descendant vers la Bérarde :
Bien loin de notre objectif qui était la pente des Enfetchores qui arrive à la Grave.
Retour en voiture à la Grave (merci à ma maman !), il reste le souvenir d’une belle sortie en montagne. C’est toujours mieux qu’être au bureau ou à la maison devant le PC …