Sur ce blog, vous trouverez essentiellement les récits avec les photos de mes sorties, mais aussi des vidéos, des hommages, des news sur moi... Merci à tout ceux qui visite ce blog, j'espère qu'il vous plaira.
Et oui, ça commence à faire un petit moment que je n’ai rien écrit sur le blog … Assiduité acharnée à mon stage au Conseil général du territoire de l’Oisans oblige ! ;-) (Si mon chef me lit …J)
Mais également la faute à mon nouveau passe temps depuis l’an dernier : le cyclisme. Oui, oui, le vélo de route ! Le sport bizarre où les non-pratiquants pensent qu’on respire les gaz d’échappement à longueur de sortie … L’image de forçat de la route, habillé avec des trucs moulants, qui se rase les jambes, et tout et tout …
Et bah, ce n’est pas pire que les autres sports ! Et en plus ça donne bien la caisse, on verra ça cet hiver !
Bref, entre le stage, le vélo, les weekends à droite et à gauche pour voir les amis, je n’ai pas beaucoup de sortie en montagne au compteur pour le moment…
Damien me propose de faire une sortie dans les écrins la semaine du 14 juillet. C’est avec plaisir que j’accepte !
Un temps parti pour la traversée des arêtes de la Meije en 2 jours (bivouac au sommet), la météo changeante du samedi nous a finalement fait opter pour le couloir de Barre Noir à enchainer avec la traversée E->W de la Barre des Ecrins.
Il s’agit d’un itinéraire très esthétique, avec une belle ambiance à plus de 3500m.
Nous préférons partir de la Bérarde plutôt que de faire la route de Bourg d'Oisans jusqu’au Prè de Madame Carle. De cette manière, nous ferons enfin connaissance de l’interminable vallon de Bonnepierre et de la monté au col des Ecrins par les fameux câbles. Cerise sur le gâteau, nous épargnerons aussi quelques litres d'essence ...
Le fameux vallon de Bonnepierre, son interminable moraine où serpente le sentier et son glacier rocheux sur la droite :
La muraille du Dôme des écrins, très impressionnante ! Sous le sommet, légèrement à droite, le couloir Mayer Dibona. Il n'a plus trop l'air d'être en condition pour le ski (5.4) ... On ne compte pas tous les piliers rocheux qui permettent des escalades difficiles et peu équipées. Cambon parle d'"Oisans sauvage", on comprend pourquoi ... :
Après 4h00 de labeur, avec les sacs qui contiennent tout le matériel de bivouac, les cordes, les piolets, la nourriture ..., nous arrivons au pied du col des Ecrins :
La vue sur le vallon de Bonnepierre, les nuages couvrent le soleil :
Encore 2h30 de bataille dans les câbles du col des Ecrins et nous voici sortie sur le glacier blanc. S'offre à nous les séracs des pentes qui mènent au dôme. Tout à gauche, le couloir que nous remontrons et la Barre des Ecrins plus à droite :
De l'autre côté, la vue depuis le col des Ecrins :
Le soleil se couche, nous montons la tente et profitons des dernières lueurs :
ça va, il est stable le réchaud ! ;-) :
La nuit se passe sous un très fort vent. Nous partons du bivouac à 3h30, avec pour mission de retrouver mon casque emporté par le vent durant la nuit. Heureusement, il m'attendait sagement à
proximité de l'autoroute qui mène au Dôme. Quelle chance !
Direction la rimaye de la barre noire dans une nuit sombre à souhait et sous un vent à décorner. Dans cette ambiance, nous sommes légèrement dubitatifs sur le chemin à emprunter... Finalement, il
suffira de monter tout droit !
La rimaye ne passe proprement qu'en rive gauche. Des marches faites par les cordées précédentes nous ramènent ensuite dans l'axe du couloir. D'un coup, les marches s'arrêtent brusquement.
Nous progresserons à corde tendu dans une espèce de neige/glace granuleuse, dure et friable, difficilement protégeable et rendant le progression particulièrement physique pour les jambes. Nous mettrons 4h00 pour sortir des 400m de couloir.
Damien avec les piolets tractions et derrière Roche Faurio :
C'est par là :
A la sortie du couloir, un vent très fort nous accueille. Nous décidons tout de même d'aller voir cette traversée E->W de la barre des écrins.
La barre des Ecrins en haut à gauche et le dôme des Ecrins juste à côté à droite :
Nous faisons une pose sur un petit dôme juste sous la barre côté Est et assistons à une réchappe d'une première cordée italienne, visiblement peu aguerri à la haute montagne.
Une autre cordée de trois italiens cherche également à atteindre le passage qui amène à l'arête E. Nous patientons que les 2 seconds veuillent bien avancer vers le leader qui à tirer une longueur
pour une traversée de neige. Ils progressent lentement (ils se traînent !).
Nous décidons de franchir la rimaye et tentons une avancée en dessous d'eux (on a peur de rien !) pour les prendre de vitesse, ou carrément pour traverser jusqu'au couloir Wimper de visu en
condition.
Les deux seconds, pas très dégourdies avec des crampons aux pieds, lâchent une première salve de projectiles clairement identifiés comme des pierres. Nous les regardons passer bovinement à
quelques dizaines de mètre et stoppons notre traversée. Il s'écoule quelques seconde avant que n'aboutisse une deuxième et une troisième salve bien nourrie.
"Bon, on arrête d'engager la viande pour ce truc ... En plus, on n'a plus d'eau !" = B2p ?
Nous redescendons par la large trace du Dôme en évitant de traîner sous les séracs. Nous refaisons nos sacs de mule et direction la bérarde ! La Barre ne devrait pas s'envoler tout de suite, on
reviendra bien un jour.
Privée d'eau depuis la sortie du couloir (plus de gaz = plus d'eau ... ! ), la déshydratation se fera sentir toute la descente jusqu'à ce que nous traversions un ruisseau salvateur dans ce dédale minérale :
Une belle bambée digne de l'Oisans (z'ont pas ça Cham' !), bien sympa même si l'objectif n'a pas été atteint intégralement ...
A+